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14 janvier 2013 1 14 /01 /janvier /2013 13:40

Trois angevins ont participé en octobre dernier à la Diagonale des Fous, l'ultra trail de l'ile de la Réunion, le Village Oxylane des Ponts-de-Cé recevait ce vendredi soir les sportifs pour une soirée de rencontre avec tous ceux qui ont suivi l’aventure de près et ceux qui s’intéressent à ce genre d’exploit. Parents, amis, sportifs étaient de la fête.

C’est une aventure surhumaine qu’ont vécu les trois angevins Grégoire Lindé, Richard Marionneau et David Maillochon, en participant cette année à la Diagonale des Fous, l’ultra-Trail qui traverse l’ile de la Réunion du sud au nord, dans l’Océan Indien. Ils l’ont montré hier soir dans la salle d’accueil du village Oxylane en présentant le film vidéo qu’ils ont réalisé pendant leur périple. Suspendu aux images des cimes réunionnaises et des petits chemins vertigineux, le public, composé d’amis des sportifs et de curieux souhaitait avant tout s’entretenir avec ceux que d’aucuns considèrent déjà comme des extra-terrestres.
5117584-7636411.jpgDe gauche à droite :
G. Lindé, R. Marionneau et D. Maillochon, répondant aux questions du public du village Oxylane aux Ponts-de-Cé

170 km d’un parcours plutôt risqué, dans la boue, les cailloux, l’humidité, le froid, la chaleur, selon l’altitude, réalisés en 59h, sans pratiquement s’arrêter, de jour comme de nuit, ce n’est pas à la portée de tout le monde. Personnes sujettes au vertige s’abstenir car certaines parties du parcours longent des précipices susceptibles d’emporter celui qui manque de vigilance.

Pas facile diront les sportifs et pourtant ils l’ont fait et s’en étonnent encore. « C’est certainement très difficile et ça demande un minimum de préparation. Mais il y a beaucoup plus de personnes que l’on croit capables d’accomplir un tel exploit », commentait en aparté Thierry Cariou le directeur du Village Oxylane. Certes, on peut être un aventurier qui s’ignore, « mais un tel exploit ne se tente pas à légère » expliquait David Maillochon après la présentation du film. Ce dernier qui est également le coach des deux autres réalisait l’exploit pour la neuvième fois. Quand on aime, on ne compte plus …

« La première fois je me suis dit que je ne recommencerais pas, tellement j'avais trouvé ça difficile », expliquait le coach angevin. « Je l’ai refait et pourquoi, je ne sais pas l’expliquer. On pratique un sport avec des sensations que l’on ne trouve nulle part ailleurs. On passe par toutes les émotions et tous les états. On découvre des endroits exceptionnels, sublimes, physiquement dur », répondaient les sportifs aux questions des spectateurs venus les applaudir.
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Les trois angevins sur la ligne d'arrivée à Saint Denis de la Réunion
« Le plus difficile c’est le mental. Il faut se préparer physiquement, mais surtout psychologiquement, car on passe par des moments de grande euphorie, mais aussi de grande détresse », poursuivait David Maillochon.

En avoir dans la tête pour ne pas craquer et se laisser aller dans le précipice toujours proche, c’est ce qu’ont mentionné les sportifs, la plus grande difficulté étant de gérer le sommeil. « On part déjà à 22h, alors la première nuit ça va », explique Grégoire Lindé qui participait, tout comme Richard Marionneau à ce trail pour la première fois. « Ensuite ça fonctionne comme les « voileux ». Il faut dormir de temps en temps, mais pas longtemps, car les nuits sont froides. C’est l’hypothermie qui vous fait repartir. J’ai dormi moins d’une heure en trois nuits ».

Richard Marionneau qui n’a pas bien su gérer son sommeil en a beaucoup souffert, mais tout comme ses collègues il envisage de recommencer. « Le plus dur ce sont les pieds. On court, on marche dans la boue, le froid et la chaleur. Quand on arrive au ravitaillement, il y a une queue de 80 personnes pour passer dans les mains des podologues. Alors j’avais mes seringues et mon éosine ». Et de poursuivre : « j’ai trouvé ça inhumain, mais en arrivant je me suis dit : je l’ai fait, c’est incroyable ! Je me suis dit aussi que je ne recommencerais pas, mais maintenant j’ai envie de reprendre l’entrainement et de le refaire ».

Tous sont animés de la même motivation : « participer à un truc exceptionnel » qui demande du courage et de l’abnégation, une envie de se dépasser qu’ils sont incapables d’expliquer, vraiment.

Après avoir présenté le film et répondu aux nombreuses questions du public, Grégoire Lindé a offert, comme il s’y était engagé, un chèque de 1062 € aux enfants de l’Étoile de Martin.

SOURCE : Y. SOURISSEAU - Angers Mag Info
A lire : Ma diagonale des fous par R. Marionneau

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